Jusqu'à Mende via la montagne du Goulet et la rivière du Lot
Distance : 59,4 km. Altitude maximum : 1 475 m. Altitude minimum : 710 m. Dénivelé cumulé : 1 193 m.
Cartes IGN : Mende (2638E). La Bastide-Puylaurent (2738E). Le Bleymard (2738O). Mont Lozère Florac PN des Cévennes (2739OT). Largentière la Bastide-Puylaurent Vivarais Cévenol (2838OT).
De L'Étoile, traverser le pont sur l'Allier et prendre à gauche la D906 en direction de Langogne, jusqu'à Rogleton. Emprunter à droite la D154 via Laveyrune et le pont de Pranlac qui enjambe l'Allier. Retrouver la D906 sur 500 m, puis bifurquer sur la petite route à gauche qui s'élève sur 5,7 km. Rejoindre à nouveau la D906 et la suivre sur 2,7 km. Prendre ensuite à gauche sur une petite route pittoresque sur 11,2 km, traversant Planchamp jusqu'à Pantostier. Enfin, prendre à gauche la D151 pour remonter jusqu'à La Bastide-Puylaurent via Les Baumes, le barrage du Roujanel, Chalbos et Alzons.
Imprimer l'itinéraire - Location de vélos
Au sud-ouest de Chasseradès s'élevait le château de Mirandol, dont le nom évoque son vaste panorama. Il était le siège d'une importante seigneurie (l'une des douze seigneuries ou gentilhommières du Gévaudan). À l'époque romane, elle était détenue par l'antique chevalerie de Naves. En 1207, Guillaume de Naves était parièr de La Garde-Guérin. Guérin de Naves, seigneur de Mirandol, fut témoin en 1267 d'un hommage rendu à Guigues, baron du Tournel. Un peu plus à l'ouest, par une petite route goudronnée jalonnée de croix de granit, on parvient à Saint-Frézal-d'Albuges. Le train reliant Mende à La Bastide-Puylaurent via Allenc et Belvezet s'arrête toujours à la petite halte située à environ 1 km de Chasseradès. La ligne étant souvent bloquée par les congères en hiver, il a fallu y construire des tunnels de protection. Il s'agit d'un excellent moyen de transport, peu onéreux, pittoresque et unique en France. Vous pourrez d'ailleurs y embarquer avec votre vélo. Pour que le train s'arrête, il est impératif de signaler votre présence sur le quai par un grand signe de la main. Le viaduc de Mirandol est particulièrement impressionnant ; il surplombe la rivière du Chassezac qui creuse déjà un petit canyon, avant de se transformer plus loin, vers La Garde-Guérin, en de spectaculaires gorges. Tout comme l'Allier, le Chassezac prend sa source sur le Moure de la Gardille, marquant la ligne de partage des eaux.
Le musée de Mende conserve une estampe dessinée par Romanet en 1780, représentant un homme d'une soixantaine d'années. Ses cheveux grisonnants et bouclés adoptent la mode de Louis XVI. Son front large et autoritaire ainsi que son regard droit concourent à imprimer les marques d'une forte personnalité. Au bas du portrait, le peintre a reproduit un blason figurant un arbre, plus précisément un poirier (en patois occitan : périé) sur champ d'or. Ce fut le blason choisi par Périer Guillaume lors de son anoblissement vers 1745, avant qu'il ne devienne le dernier seigneur de l'Estampe, puis l'ultime détenteur du titre de baron de Mirandol. Sur la marge inférieure du tableau se lit le couplet suivant qui, sans être excessivement flatteur, constitue un bel éloge : « Bon père, bon parent, bon citoyen, bon maître. Ayant, ce qu'on a rarement. De bons amis et sachant l'être. » Deux siècles plus tard, le petit village de l'Estampe, blotti dans un repli calcaire du mont Goulet, conserve, malgré l'injure du temps, les révolutions et les pillages, ce que l'on continue d'appeler « le château ». Il ne s'agit en fait que d'un vestige de la splendide demeure décrite par divers documents historiques dispersés aux archives départementales de la Lozère et du Gard, au Grand Séminaire de Mende, ainsi que chez quelques particuliers de Chasseradès.
Situé à l'écart de la route reliant Mende à Villefort, au pied du mont Lozère et à plus de 1 000 m d'altitude, Le Bleymard est l'un des chefs-lieux de canton les plus calmes de la Lozère, et peut-être le plus éloigné de la vie mondaine ou des distractions urbaines. Sa tranquillité n'est troublée en hiver que par les skieurs dominicaux qui, d'ailleurs, ne s'y arrêtent guère, préférant se retrouver à l'auberge de la Remise située en périphérie, sur la route principale. Pourtant, il n'en fut pas toujours ainsi. Au XVIe siècle, Le Bleymard constituait une étape importante sur la route reliant Mende au Vivarais, à proximité du col permettant de franchir les monts Lozère. Un document daté de 1567 nous apprend que le bourg comptait de nombreux habitants, « tant gens literez de qualité que artizans et autres de basse qualité et condition ». Autour de la famille de Sabran (seigneurs des Alpiers et magistrats dont plusieurs furent baillis du Gévaudan, et qui semblaient résider au Bleymard lorsque leurs fonctions ne les appelaient pas ailleurs), gravitaient quelques familles parentes ou amies formant un véritable embryon de société. L'atmosphère devait y être empreinte de gravité, comme il sied à des gens de robe. Cependant, il ne fait aucun doute que les fréquents passages et séjours de troupes armées, souvent déplorés dans les archives, ont profondément altéré cette quiétude lors des guerres de Religion.
Mende fut la capitale historique du Gévaudan. Dès le Xe siècle, elle devint le siège de l'évêché Mimatensis, créé à la suite du déclin de celui de Javols. Les fondations de la ville actuelle remontent au Ve siècle, s'organisant autour du tombeau de saint Privat, sur les rives paisibles du Lot. Aujourd'hui préfecture de la Lozère, Mende occupe une position géographique centrale au cœur du département. En moins d'un siècle, tandis que la Lozère perdait la moitié de sa population, la cité mendoise a vu le nombre de ses habitants grimper de 8 000 à près de 12 000 âmes, une croissance démographique souvent réalisée au détriment de l'exode des villages alentour. Traversée par le Lot qui prend sa source non loin du Bleymard, Mende est scindée en deux par cette rivière qui serpente ensuite à travers la quasi-totalité du territoire lozérien. Le Lot apporte fertilité et prospérité relative aux communes riveraines, dessinant une vallée verdoyante tout au long de son cours.