Vers l'Ardèche via Loubaresse, Borne, Saint-Étienne-de-Lugdarès et Luc
Distance : 60,5 km. Altitude maximum : 1 222 m. Altitude minimum : 626 m. Dénivelé cumulé : 1 215 m.
Cartes IGN : Langogne (2737E). La Bastide-Puylaurent (2738E). Largentière la Bastide-Puylaurent Vivarais Cévenol (2838OT).
Depuis L'Étoile, dirigez-vous vers le centre du village, puis prenez en face la direction de Villefort. Continuez jusqu'au rond-point du Pradillou, tournez à droite et de suite à gauche sur la D573 jusqu'aux Fagoux. Traversez le pont sur la Borne à Nicoulaud et montez vers Laval-d'Aurelle sur environ 500 mètres. Tournez à gauche sur la petite route via Hubac jusqu'à la D4. Prenez à droite jusqu'au col du Chap del Bosc. Au col, tournez à gauche sur la D403 et roulez pendant 7,8 km en direction de Loubaresse, en passant par la Croix de la Femme Morte et le pont de Bournet. À Loubaresse, prenez la petite route D301 vers Borne via le Mas de Truc. Montez vers le col de Pratazanier et tournez à gauche sur la D19 à Fourmarèche jusqu'à Luc via Saint-Étienne-de-Lugdarès et Huédour. Arrivé à la D906, tournez à gauche en direction de La Bastide-Puylaurent et roulez pendant 1,7 km. Prenez ensuite à gauche en oblique sur la D76 via Pranlac où vous passerez le petit pont sur l'Allier qui sépare la Lozère de l'Ardèche. Elle devient la D154 que vous suivez jusqu'à Rogleton, en passant par Laveyrune. Tournez à gauche sur la D906 pour rejoindre La Bastide.
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Dans cette province, le Haut-Vivarais et le Bas-Vivarais se partagent l'espace, le premier s'élevant dans le nord, le second s'étendant dans le sud. Les monts du Vivarais se dressent comme des sentinelles de pierre sur la bordure orientale du Massif central. La tour de Saint-Laurent-les-Bains, vigie séculaire, s'élève fièrement sur un éperon rocheux dominant le village. Érigée au IXe siècle, elle a traversé les âges, ses six étages étant préservés par les villageois comme un sanctuaire. Perché sur les hauteurs de la vallée de la Borne, le village est couronné par la majesté granitique des Trois-Seigneurs, dont les flancs dévalent jusqu'aux toits qu'ils surplombent de plus de cent mètres, veillant sur les âmes en contrebas. La renommée de la station thermale de Saint-Laurent-les-Bains remonte à l'ère romaine, ses eaux à 53°C étant célébrées pour leurs vertus thérapeutiques. La Source de Saint-Laurent, née des entrailles volcaniques de la terre, est louée depuis le Moyen Âge pour ses bienfaits. Les soins, tels que les bains de boue en apesanteur, les douches en piscine thermale, les cataplasmes et les séances de vaporarium, sont dispensés dans l'intimité de trois établissements thermaux, où les eaux coulent à travers des canaux souterrains pour offrir guérison et réconfort aux nombreux visiteurs annuels.
Il y avait autrefois, dominant les montagnes élevées de ces froides régions, quatre tours — celles de Loubaresse, de Borne, de Saint-Laurent-les-Bains et de Luc — au sommet desquelles brillaient, quand la nuit était sombre, les feux allumés d'un immense brasier. Ces phares lumineux éclairaient au loin la contrée et servaient de signaux pendant ces guerres féodales de seigneur à seigneur, si désastreuses et si fréquentes. De ces quatre tours, l'une a déjà disparu. Placée à 1 242 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur la bouche éteinte et comblée de l'un des plus anciens volcans du Vivarais, cette tour qui produisait de loin un effet si pittoresque et saisissant dans le paysage, avait été respectée par le temps. Mais il est venu, il y a moins de cinq années, un homme peu amateur de vieilles ruines, qui l'a fait abattre et raser jusqu'au sol afin d'en employer les matériaux à la reconstruction de l'église paroissiale de Loubaresse. Des Chambons à Loubaresse (un village composé exclusivement de muletiers, de robustes et hardis montagnards qui possèdent le courage et l'adresse, moins toutefois la grâce et l'élégance coquette, des muletiers andalous) et de Loubaresse au Chap del Bosc, par où passe la route conduisant à Saint-Laurent-les-Bains à seulement une lieue de là, tout chemin largement frayé s'évanouit. On n'a devant soi que des prairies et des champs, à travers lesquels bêtes et gens s'en vont à l'aventure.
Le château de Luc puise ses origines dans un passé très ancien. Érigé sur un site autrefois occupé par les Celtes, aux abords de la forêt de Mercoire où se cachait le massif mystérieux du Tanargue, sa construction s'étala du VIe au Xe siècle. À cette époque, le Gévaudan était une province indépendante, divisée en huit baronnies. Il devint la propriété des seigneurs de Luc, alliés aux puissants barons de Randon et, à travers eux, à la Maison de Joyeuse, l'une des familles nobles les plus illustres de France. Les seigneurs de Luc étaient réputés pour leur vaillance, leur piété et leur sens de la justice. Ils possédaient le privilège de battre monnaie, de lever des impôts, de rendre la justice et de déclarer la guerre. Respectés et craints par leurs vassaux, ils se montraient également généreux et protecteurs envers les nécessiteux, les malades et les pèlerins, qui trouvaient refuge et assistance au sein de leur château.