Petit village typique de la Haute Ardèche, Loubaresse se love au pied du massif du Tanargue et s'ouvre sur la vallée de Valgorge. Dans le centre du bourg, on trouve une épicerie, un restaurant ainsi qu'un gîte d'étape et table d'hôtes, dont la renommée s'étend à travers toute l'Ardèche.
C'est ici que s'arrêtent, le midi, les chercheurs de champignons venus des villes d'Alès, d'Aubenas ou de Largentière. Le soir, ce sont les randonneurs qui prennent le relais, qu'ils accomplissent le Tour du Tanargue, la boucle de la Montagne Ardéchoise, ou encore la variante du sentier Cévenol arrivant de La Bastide-Puylaurent via Saint-Laurent-les-Bains et Borne.
Le Cévenol demeure l'un des plus beaux itinéraires de la région ; sa traversée s'accomplit généralement en 5 à 7 jours de marche.
Adossé à l’extrémité du Tanargue, ce village d’altitude (1 250 m) constitue la plus petite commune du département. Ses robustes maisons en pierres de granit et de basalte sont étroitement blotties autour de l'église. Le clocher crénelé de celle-ci a d'ailleurs été édifié avec les vestiges d'une ancienne tour de guet, bâtie à l'origine par le seigneur de Borne.
L'étymologie de son nom tirerait son origine des loups qui hantaient autrefois la région, ou bien de l'expression occitane « laoubo recento » (l'aube récente), le village étant particulièrement exposé pour recevoir les tout premiers rayons du soleil levant. Maggy Merle, véritable personnalité locale, y tient la petite épicerie et effectue de précieux relevés pour Météo-France.
La Vallée de Valgorge
L’origine de ce nom proviendrait de « vallis gurgulionis », désignant une vallée qui naît d'un goulet, cet endroit resserré par lequel pénètre la rivière Baume. Blotti au pied de l'imposante face sud du Tanargue, ce coin profondément retiré a su attirer de nombreux écrivains.
C'est notamment au château de Chastanet que naquit le poète Ovide de Valgorge. Plus tard, Albin Mazon (alias le docteur Francus), éminent historien de l'Ardèche, quadrilla l'intégralité de la région à dos de mulet. L'écrivain britannique Kenneth White y vécut plusieurs années, puisant dans ces paysages l'inspiration de ses célèbres Lettres de Gourgounel. Simone de Beauvoir relate également, dans Histoire de Drailles, un séjour marquant qu'elle y fit en 1935. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle y revint même à bicyclette, accompagnée de Jean-Paul Sartre, pour y passer des vacances en zone libre.
Taranis était un dieu celte : le dieu du tonnerre ! On raconte qu'il a élu domicile sur le massif du Tanargue, cette impressionnante barre rocheuse du sud-ouest de l'Ardèche où, comme l'écrivait Pierre Veyrenc le 23 juin 1867 : « ...le diable emporta le Tanargue ! La foudre a encore frappé, elle a tué 2 pâtres et 203 bêtes à laine... »
Blotti à ses pieds, avec seulement 32 habitants au dernier recensement et une superficie de 900 hectares, Loubaresse est le plus petit village du département. Situé à 1 250 mètres d'altitude, aux portes de la montagne ardéchoise, son climat hésite constamment entre les influences méditerranéennes et océaniques, entre les contreforts des Cévennes et la rudesse du plateau. Adossé à la pointe du Tanargue qui bloque net les vents porteurs de nuages venus du sud-est, le village reçoit ainsi d'importantes précipitations (2 100 mm en moyenne par an), mais en raison du relief, ne parvient pas à retenir cette eau.
En l'espace de quelques heures seulement, l'eau dégringole les pentes et vient gonfler le tumulte de la rivière Baume, qui prend sa source à Rochemisole, sur les hauteurs du village. On a d'ailleurs coutume de dire ici : quand la pluie fait des claquettes dans la région, c'est à Loubaresse qu'on l'entend le plus fort ! On n'y compte pas forcément plus de jours de pluie qu'ailleurs (l'été y est même assez sec), mais lorsqu'il pleut, ce n'est jamais à moitié.
Le sapin, conifère à aiguilles persistantes, dresse fièrement un tronc fuselé doté de branches horizontales. Tout comme le pin sylvestre, il possède de nombreuses propriétés médicinales. Localement, il est traditionnellement choisi comme « pibou » pour être dressé devant le domicile d'un nouvel élu, afin de le fêter et de l'honorer. Arbre de haute futaie par excellence, il fournit un bois de très bonne qualité, particulièrement recherché en charpente et en menuiserie. Sur ces terres, il voisine fréquemment avec une autre variété de résineux : l'épicéa commun.
L'Ardèche, région si digne de captiver à la fois l'œil du dessinateur et l'esprit du naturaliste, renferme plusieurs contrées méconnues qui ne méritent pourtant pas l'oubli dans lequel elles sont parfois tombées. Tel est le domaine des Ubas, qui s'étend sur une circonférence de sept lieues. Situé à l'extrémité occidentale du département, dans le canton de Saint-Étienne-de-Lugdarès, à environ huit lieues au nord-ouest de Largentière, ce territoire est ceinturé au nord, à l'est et au sud par des collines qui, en s'élevant graduellement, forment la montagne volcanique de Prasoncoupe. Son nom signifie la « coupe » ou le « cratère des prés » en raison de sa position dominante sur de magnifiques prairies, culminant à près de 1 000 mètres d'altitude au-dessus de la Méditerranée.
Par l'abondance de ses anciennes coulées de laves, ce volcan demeure l'un des plus importants du Vivarais. Si les premiers naturalistes qui ont parcouru la région l'avaient visité, ils n'auraient pas manqué de hisser celui de Loubaresse au tout premier rang d'intérêt. C'est de ses entrailles que jaillissent les eaux thermales, véritables sources de richesse pour le village de Saint-Laurent-les-Bains. Sans la prestigieuse réputation de ces eaux, ce bourg languirait probablement, isolé et quasi désert au fond de sa vallée étroite et ronde, hérissée de roches à demi décomposées dont le chaos minéral impressionne. Du sommet de Prasoncoupe, le décor change radicalement : à l'aridité minérale succède, tout autour du volcan, l'heureuse fertilité d'une terre recouverte de bois sombres, de prairies verdoyantes, d'eaux abondantes et de champs cultivés.
Du sommet de ce volcan de Loubaresse, on domine majestueusement la vallée de Valgorge, considérée comme la plus pittoresque du Vivarais avec ses milliers de pics et d'aiguilles élancées. Sa végétation, riche et variée, offre au promeneur une succession inattendue de sites tantôt riants, tantôt profondément sauvages. C'est d'ailleurs au château de Valgorge, un bourg implanté dans la partie la plus fertile de cette vallée, que le marquis de La Fare composa les célèbres vers qui l'ont immortalisé.
Il y a fort longtemps, dominant les sommets élevés de ces froides contrées, se dressaient quatre tours imposantes : celles de Loubaresse, de Borne, de Saint-Laurent-les-Bains et de Luc. Lorsque la nuit se faisait sombre, on allumait à leur sommet les feux d'un immense brasier. Ces véritables phares lumineux éclairaient la contrée au loin et servaient de signaux cruciaux pendant les guerres féodales qui opposaient les seigneurs, des conflits aussi désastreux que fréquents. De ces quatre tours, l'une a déjà disparu. Érigée à 1 242 mètres au-dessus du niveau de la mer, précisément sur la bouche éteinte et comblée de l'un des plus anciens volcans du Vivarais, cette tour conférait de loin un effet prodigieusement pittoresque au paysage et avait longtemps été épargnée par les outrages du temps. Hélas, il y a moins de cinq décennies, un homme peu soucieux des vieilles pierres la fit abattre et raser jusqu'au sol, afin de récupérer et d'employer ses matériaux pour la reconstruction de l'église paroissiale de Loubaresse.
De l'ancienne abbaye des Chambons jusqu'à Loubaresse — un village autrefois composé exclusivement de muletiers, de robustes et hardis montagnards possédant le courage et l'adresse des muletiers andalous, bien qu'avec un peu moins de grâce et d'élégance coquette —, et de Loubaresse jusqu'au Chat-del-Bos, par où passe la route conduisant à Saint-Laurent-les-Bains (situé à seulement une lieue de là), tout chemin largement frayé s'évanouit soudainement. On n'a plus devant soi que d'immenses prairies et des champs à perte de vue, à travers lesquels bêtes et gens s'en vont au gré de l'aventure.
Une foule de ruisseaux coupent et accidentent sans cesse le pays que l'on parcourt. Presque tous font bien plus de bruit que leur taille ne le laisse supposer. C'est du reste une chose digne de remarque : dans ces montagnes, les cours d'eau adoptent des allures vagabondes, fougueuses et étourdissantes, un caractère bouillonnant que n'offrent jamais les paisibles et fleuris ruisseaux de nos plaines.











